Le Carvi : Article publiĂ© dans le n°196 d’Alpes Magazine. Textes : Delphine Pontet – Recette : Alain Perrillat-Mercerot – Photo : GwenaĂ«lle Grandjean / Alpes Magazine.
Pour 4 personnes :
Connaissez-vous le cumin des prés, cette plante aux fruits aromatiques, connue pour ses vertus eupeptiques ?
Jamais sans mon carvi… voilà une épitaphe que nous pourrions lire sur la tombe de nombreux pétomanes ! Nous ne parlons sans doute pas assez de ces émois intestinaux dont la magnitude est comparable, chez certains – je dis bien chez certains – au séisme de juillet 1996 à Annecy, lorsque la faille du Vuache s’est rappelée à notre bon souvenir. Je pense à ces inconforts qui se traduisent, selon les individus, en une petite expulsion venteuse et inodore ou en une pétarade tonitruante aux parfums soufrés qui fait souffrir le protagoniste et ruine l’odorat de tous…
Les pouvoirs digestifs du carvi sont donc reconnus. L’empereur des Francs lui-même, ce souverain à la barbe fleurie chanté par France Gall pour avoir « inventé » l’école, avait recommandé la culture du carvi dans tous ses domaines. J’imagine que le pauvre homme devait souffrir de maux intestinaux. Impensable pour une personnalité de son envergure.

Il ne devait pas être le seul dans ce cas, car la culture de cette plante condimentaire est en effet bien connue depuis l’Antiquité, de la Grèce au nord de l’Europe. J’imagine Spartacus, combattant le lion au sein de l’arène, échapper à son prédateur par un pet bien placé… ou un Barbare nordique anéantir une colonie de Romains – rien à voir avec cette fameuse potion magique d’Obélix ! Combien de victoires incombent au carvi ? Cela, nous ne le saurons jamais. Ce que nous connaissons en revanche, ce sont ses bienfaits : avec cette petite graine, point de vents intempestifs.
Plus sérieusement… le carvi, plante bisannuelle, mesure de 20 à 80 cm de hauteur. Son apparence est trompeuse et elle est souvent confondue avec son cousin le cumin, d’où son surnom : « cumin des prés ». Cette ombellifère gracile et légère est naturellement présente dans les Alpes. Ses fines tiges, cannelées et creuses, portent de nombreuses feuilles duveteuses. En juillet, ses fleurs, blanches ou rosées, font merveille dans mes bouquets. Si je ne les ramasse pas, elles se transforment en fruits que nous appelons abusivement « graines »… En réalité, il s’agit d’akènes, car les graines ne s’échappent pas de leur enveloppe à maturité et restent coincées.
Pour beaucoup, la consommation du carvi se limite à l’akène. Mais les jeunes feuilles ciselées dans une salade ou dans une soupe aux herbes apportent la fraîcheur de l’anis. Quant à la racine, elle se consomme comme une carotte… Afin de respecter la nature et de préserver notre environnement, la cueillette en milieu sauvage doit rester sobre. Et nous vous engageons en cas de doute à ne pas consommer les herbes… nombre d’entre elles sont comestibles mais mieux vaut rester prudent.
Delphine Pontet et Alain Perrillat-Mercerot tiennent le restaurant gastronomique, et hĂ´tel, Atmosphères au Bourget-du-Lac. Un lieu idĂ©al pour s’offrir une belle expĂ©rience culinaire, avec en bonus un panorama extraordinaire sur le lac du Bourget. La cuisine d’Alain : une alchimie entre la terre et l’eau, une symphonie entre le vĂ©gĂ©tal et le minĂ©ral. Une expĂ©rience unique !

Cette série est réalisée en partenariat avec Alpes Magazine. Retrouvez toutes les idées recettes dans la rubrique « Une histoire de goût » du magazine.
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