Dans ce hameau de la vallée d’Aulps, niché à 1 467 mètres d’altitude, les habitantes sont… assez spéciales. Elles marchent à quatre pattes, ne s’expriment pas comme nous, ont deux petites cornes, et surtout… elles sont particulièrement mignonnes !
En se baladant dans les ruelles du village, nous apercevons l’une d’entre elles, admirant le paysage, bien cramponnée au toit d’une auberge. Un peu plus loin, une deuxième, plus sociable, cherche caresses et affection auprès des passants. Puis une troisième, gourmande, guette le moindre centimètre d’herbe à brouter.

Ici, les chèvres sont partout. Elles dĂ©ambulent librement entre les chalets… et n’hĂ©sitent pas Ă venir saluer les visiteurs ! Aux Lindarets, ce sont elles les vĂ©ritables vedettes. Chaque Ă©tĂ©, elles donnent vie au village et offrent un spectacle aussi amusant qu’attachant, faisant le bonheur des petits comme des grands.
Aussi attachante soit-elle, la chèvre reste un animal sauvage. En plus de la respecter, il faut également veiller à son bien-être : ne pas la brusquer, et ne pas lui donner des aliments déconseillés sont les règles d’or des Lindarets.
Pourtant, leur prĂ©sence ne relève pas du hasard. Bien avant de devenir l’emblème du hameau, les chèvres occupaient une place essentielle dans la vie des familles d’alpage. Parfaitement adaptĂ©es aux terrains escarpĂ©s, elles fournissaient du lait, parfois de la viande, et reprĂ©sentaient une ressource prĂ©cieuse pour les habitants.

L’info en plus :
Dans la région, la chèvre et son fromage se sont installés dans nombre de recettes gourmandes. Tartines savoyardes, fondue, tourte au chevrotin… il y en a pour tous les goûts !
Au fil des décennies, elles sont devenues le symbole des Lindarets… sans jamais lui faire oublier ses racines pastorales.

Aux Lindarets, les traces de sabots effacent souvent les empreintes de pas. Pourtant, derrière ce dĂ©cor paisible, les mains des habitants continuent d’Ă©crire l’histoire du village.
Car avant d’ĂŞtre un lieu de promenade, Les Lindarets Ă©taient avant tout un alpage. Pendant des siècles, chaque printemps marquait le dĂ©but d’une vĂ©ritable migration : troupeaux, bergers et familles quittaient la vallĂ©e pour rejoindre les hauteurs. C’Ă©tait le temps de la transhumance.
Dans les annĂ©es 1930, près de 900 bovins, 200 chèvres et une centaine de chevaux passaient ici les trois mois d’Ă©tĂ©.

L’info en plus :
Une trentaine de chalets accueillaient les familles de bergers, au point qu’une Ă©cole ouvrait mĂŞme ses portes durant la belle saison.

Les journées, elles, commençaient bien avant le lever du soleil. Il fallait traire les animaux, entretenir les pâturages, réparer les clôtures ou encore fabriquer le fromage. Dans cet environnement de montagne, chaque geste comptait. Et sans ce travail quotidien, les alpages auraient peu à peu laissé place à la forêt.
Aujourd’hui encore, derrière les terrasses animĂ©es et les chèvres qui attirent tous les regards, les Lindarets restent le tĂ©moignage d’un patrimoine pastoral, façonnant depuis des siècles les paysages de la vallĂ©e d’Aulps.
Après un plongeon dans l’histoire du hameau et dans le regard amusé de quelques chèvres, il est temps de continuer notre route. Plus nous nous éloignons du village, et plus faune et flore se transforment. Les épicéas grandissent, et les chèvres troquent leurs petites cornes pour de plus grosses, se muant alors en bouquetin.
Une heure de marche plus tard, nous voilà arrivés au pied d’un décor époustouflant. Une grande étendue d’eau aux notes vert émeraude, chahutée par quelques vagues, entourée par de luxuriants sapins, et surplombée par d’imposantes montagnes s’offre à nous. C’est le lac de Montriond !


L’info en plus :
La vallée de Montriond a été creusée par d’immenses glaciers, pendant près de 2,5 millions d’années !

Épris par le paysage, le cri lointain d’un milan royal attire soudain notre oreille. Ses battements d’ailes, lents et précis, nous font naviguer encore plus profondément dans les sentiers battus. C’est alors qu’Avoriaz, le col de Bassachaux, ou la vallée d’Abondance, se dessinent petit à petit sous nos yeux. Car oui, Les Lindarets constituent un point de départ idéal pour découvrir la montagne… à pied, ou à vol d’oiseau !
Pour contempler les paysages des Lindarets ou écouter les bêlements de quelques chèvres, prenez l’A40 jusqu’à la sortie n°19 Cluses ou la sortie n°15 Vallée Verte. Avant votre sortie, n’oubliez pas de consulter l’info trafic.
Textes par Adrien Lesage
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