Réputé pour ses décors majestueux, entre forêts profondes, glaciers grandioses et lacs émeraudes, le Valais cache encore un autre trésor. Moins impressionnant certes, mais bien plus sucré, et bien plus savoureux. C’est l’abricot !
Ici, on le surnomme « prince du verger ». Il ne porte pas de couronne, non, mais il règne en maître sur 650 hectares de terres valaisannes.


L’info en plus :
Plus de 95 % de la production suisse d’abricots est récoltée dans le Valais. Il a d’ailleurs été élevé au rang de symbole national !
Mais pourquoi sur ces terres ? Le Valais réunit plusieurs conditions très favorables : un climat sec et ensoleillé, des journées chaudes, des nuits fraîches, des sols drainants… Tout pour que l’abricot s’épanouisse, et nous révèle son plus délicieux visage une fois en bouche !

L’info en plus :
Riche en vitamines, l’abricot est très bon pour la santĂ© de nos yeux, de notre système immunitaire et de nos cellules ! D’ailleurs, si vous voulez en cueillir tout en respectant la nature, rendez-vous sur notre blog, dans la rubrique Paroles de Cueilleurs.
Mais si l’abricot et le Valais se marient parfaitement, le « prince du verger » demeure exposé aux mêmes risques qu’ailleurs. Les insectes, les maladies… et surtout, son plus grand ennemi : le froid. En 2021, trois épisodes de gel ont transformé l’orange exaltant des abricots en un triste blanc polaire. Ce qui a finalement conduit à une réduction de la récolte valaisanne de 70 %.
Né en Chine, dans la région du Xinjiang, l’abricot y est cultivé depuis plus de 2 000 ans. Bien avant que Phileas Fogg ne rêve de faire le tour du monde en 80 jours, ce petit fruit avait déjà entrepris son propre voyage.

Car peu après l’an zéro, il prend les routes asiatiques et traverse l’Arménie, l’Iran, la Syrie puis la Turquie. De là , il gagne l’Europe, s’épanouissant dans les vergers grecs et italiens avant de trouver sa place sur les coteaux français au 15ème siècle.
Il faudra toutefois attendre le 19ème siècle pour qu’il frappe enfin à la porte de la Suisse. Et quelle arrivée ! En découvrant le Valais, l’abricot semble avoir trouvé son coin de paradis.

L’info en plus :
Pendant longtemps, une seule variété régnait sur les vergers helvétiques : le Luizet. Aujourd’hui, ce sont des dizaines qui existent. Certaines précoces, d’autres tardives. Certaines plus résistantes, d’autres plus parfumées…
Au fil des voyages et des pays traversés, il a su s’adapter différemment dans les assiettes : perles de coco en Chine, yaourt en Grèce… Un nombre infini de recettes, qui permet à chacun de trouver son plaisir fruité !
Et quand l’abricot ne termine pas sa route entre une fourchette et un couteau, il s’installe délicatement dans nos verres !
Des notes délicates de gentiane, d’agrumes et de vanille, un éclat en bouche plus que palpitant… connaissez-vous l’abricotine ? Nulle place au doute, si vous l’avez déjà goûté, impossible de ne pas se remémorer sa puissance, adoucie par une touche de finesse.
Née dans le Valais au 19ème siècle, cette eau-de-vie intrigue. Elle a su traverser années et palais, recettes et traditions. Aujourd’hui, produire de l’abricotine, c’est rendre hommage à tout un territoire. Car si avec des si, nous mettons Lutèce en amphore, avec des abricots, nous mettons le Valais en bouteille.
Et justement, comment est préparé le contenu de cette bouteille ? Très important d’abord, au moins 90 % des fruits doivent être des abricots Luizet du Valais. Et l’intégralité de sa préparation, de la culture à la fermentation, en passant par la distillation, doit être faite dans le canton. Ensuite, c’est le début d’un long processus… Les fruits mûrs sont écrasés, la pulpe fermente, les sucres deviennent alcool. Puis le feu et la vapeur s’invitent à la fête. Une fois que les ingrédients et les étapes sont rassemblés, il ne reste plus qu’une chose : attendre plusieurs mois.


L’info en plus :
Il faut environ douze kilos d’abricots pour obtenir un litre d’eau-de-vie.

Alors que nous nous impatientons, une douce odeur vient soudain nous caresser le nez. C’est de l’amande… et l’abricot qui se remontre enfin ! Ce ne serait pas le signe que notre mélange est prêt ? Je crois que si… alors place à la dégustation !
Tandis que nous savourons chacune de nos gorgées, l’héritage de tout un territoire s’installe dans nos papilles. Apparaissent alors en bouche des mois de préparation, des années de conception, et des siècles de savoirs.
Pour les producteurs et les habitants locaux, l’abricotine est plus qu’une eau-de-vie. C’est un voyage. Un souvenir, d’un moment entre amis, d’un été infini. Chaque abricot transformé, chaque gorgée avalée, devient une escapade à la rencontre de son enfance et de pensées retrouvées.
Pour goĂ»ter aux plaisirs du Valais, empruntez l’A40 puis la RN205. Une fois arrivĂ© Ă Chamonix, continuez sur de jolies routes de montagne en direction de Châtelard-Frontière. Vous ĂŞtes dĂ©sormais en Suisse ! Trente minutes et quelques virages plus tard, c’est enfin l’heure de dĂ©guster un abricot bien mĂ©ritĂ© ! Avant votre sortie, n’oubliez pas de consulter l’info trafic.
*L’abus d’alcool est dangereux pour la santĂ©, Ă consommer avec modĂ©ration.
Textes par Adrien Lesage
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