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La romancière George Sand

🎙️ Et si tous les exploits ne se jouaient sur les pentes du mont Blanc ? La capitale mondiale de l'alpinisme a été le témoin d'une autre conquête : celle de la liberté d'une femme, Amantine Aurore Lucile Dupin, plus connue sous le nom de George Sand. Et oui... nous allons parler littérature !

NĂ©e en 1804 Ă  Paris, Aurore Dupin se passionne très tĂ´t pour la littĂ©rature. Elle lit, chaque jour un peu plus, les auteurs des Lumières ou des textes poĂ©tiques. Mais bientĂ´t, lire ne lui suffit plus : elle veut Ă©crire.

En 1831, elle cosigne avec Jules Sandeau son premier roman, Rose et Blanche. Un an plus tard, elle publie seule Indiana, sous un nouveau nom dĂ©sormais connu de tous : George Sand.

L’info en plus :

A une Ă©poque oĂą les femmes Ă©crivaines peinent Ă  ĂŞtre reconnues, Aurore Dupin choisit d’adopter un nom de plume masculin. L’éditeur Ă©tait au courant du subterfuge, le public non… du moins pendant quelques temps. Quand le secret fut dĂ©couvert, les lecteurs ont eu des rĂ©actions très opposĂ©es : l’admiration d’un cĂ´tĂ©, le scandale de l’autre.

Mais Indiana n’est pas un roman comme les autres, non. Il met en lumière un sujet Ă  peine abordĂ© pour l’époque, presque lunaire dans une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment misogyne : l’émancipation fĂ©minine.

Et George Sand ne se contente pas de défendre la liberté des femmes, elle l’incarne. Notamment lorsqu’elle débarque avec sa petite bande à Chamonix…

George Sand Ă  Chamonix : une arrivĂ©e en grande pompe

Si à Chamonix, la montagne est souvent racontée à travers ses exploits et ses records, elle a aussi été le théâtre d’autres conquêtes. L’une d’elles a un nom, celui de George Sand.

L’écrivaine découvre Chamonix en 1834, accompagnée par le médecin Pietro Pagello. Elle cherche à oublier, sous la cime du Mont Blanc, l’idylle vécue avec le poète Alfred de Musset. Mais rien n’y fait, George Sand est triste à mourir…

Quelques annĂ©es plus tard, elle dĂ©cide de revenir dans la capitale de l’alpinisme. Mais cette fois, c’est un peu diffĂ©rent. La Bonne Dame de Nohant a troquĂ© la compagnie de Pietro Pagello pour celle de ses enfants, du philosophe Adolphe Pictet, et de ses amis Franz Liszt et Marie d’Agoult. C’est une belle troupe de joyeux lurons qui dĂ©barquent Ă  Chamonix !

Ils enchaînent cigares et punch, rires et discussions à tue-tête. Dans les ruelles du village montagnard, leurs noms sont sur toutes les lèvres.

Et celle qui se fait le plus remarquer, c’est George Sand. Non pas parce qu’elle cherche Ă  provoquer, mais parce qu’elle incarne quelque chose d’hors du commun pour l’époque : une femme libre. Elle mène des dĂ©bats politiques, fume, boit, jette la robe et le corset pour se vĂŞtir de vĂŞtements masculins. Elle agit comme bon lui semble.

L’info en plus :

Alors que l’alpinisme féminin n’est pas reconnu, George Sand devient l’une des premières adhérentes du Club Alpin Français après sa création en 1874.

Si la native de Paris fait une escapade remarquĂ©e Ă  Chamonix, elle cherche surtout refuge dans la montagne. Mais ce ne sont pas les sommets qui lui permettent de s’évader. Ce qu’elle aime, c’est le vivant.

George Sand : un autre regard sur la montagne

Quand ses compagnons s’émerveillent devant les paysages grandioses de la vallĂ©e de Chamonix, c’est une petite fleur, une campanule, qui trouve grâce aux yeux de l’écrivaine. « J’aime mieux cette campanule que toute votre Mer de Glace Â».

Véritable amoureuse du vivant, George Sand trouvait son romantisme là où certains ne posent même pas les yeux. Plutôt que les paysages exceptionnels, elle préférait se nourrir du quotidien d’un habitant, de la respiration d’un sapin, des couleurs d’une fleur.

Et cet amour ne s’arrête pas aux sentiers de Chamonix, il traverse toute son œuvre. Des Lettres d’un voyageur où nous retrouvons des mots sur son aventure dans les Alpes, à La Mare aux Diables, l’une de ses œuvres phares, George Sand place l’humain et la nature au cœur de sa plume.

Si le Mont Blanc est le dĂ©fi ultime de Chamonix, George Sand, elle, aura accompli son Everest : conquĂ©rir sa libertĂ©. Près de deux siècles plus tard, tout n’est pas encore gagnĂ©, mais les glaciers ont reculĂ©, et les droits des femmes ont avancĂ©. Les pentes des montagnes accueillent chaque annĂ©e des milliers d’alpinistes fĂ©minines, les autrices n’ont plus besoin de chercher des pseudonymes masculins pour publier, et les vĂŞtements qu’elles portaient autrefois pour scandaliser sont dĂ©sormais ceux du quotidien.

Et si vous souhaitez marcher sur les pas de George Sand, empruntez l’A40, puis la RN205 jusqu’à Chamonix ! Avant votre sortie, n’oubliez pas de consulter l’info trafic.

Textes par Adrien Lesage

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