Née en 1804 à Paris, Aurore Dupin se passionne très tôt pour la littérature. Elle lit, chaque jour un peu plus, les auteurs des Lumières ou des textes poétiques. Mais bientôt, lire ne lui suffit plus : elle veut écrire.
En 1831, elle cosigne avec Jules Sandeau son premier roman, Rose et Blanche. Un an plus tard, elle publie seule Indiana, sous un nouveau nom désormais connu de tous : George Sand.


L’info en plus :
A une époque où les femmes écrivaines peinent à être reconnues, Aurore Dupin choisit d’adopter un nom de plume masculin. L’éditeur était au courant du subterfuge, le public non… du moins pendant quelques temps. Quand le secret fut découvert, les lecteurs ont eu des réactions très opposées : l’admiration d’un côté, le scandale de l’autre.
Mais Indiana n’est pas un roman comme les autres, non. Il met en lumière un sujet à peine abordé pour l’époque, presque lunaire dans une société profondément misogyne : l’émancipation féminine.
Et George Sand ne se contente pas de défendre la liberté des femmes, elle l’incarne. Notamment lorsqu’elle débarque avec sa petite bande à Chamonix…
Si à Chamonix, la montagne est souvent racontée à travers ses exploits et ses records, elle a aussi été le théâtre d’autres conquêtes. L’une d’elles a un nom, celui de George Sand.
L’écrivaine découvre Chamonix en 1834, accompagnée par le médecin Pietro Pagello. Elle cherche à oublier, sous la cime du Mont Blanc, l’idylle vécue avec le poète Alfred de Musset. Mais rien n’y fait, George Sand est triste à mourir…
Quelques années plus tard, elle décide de revenir dans la capitale de l’alpinisme. Mais cette fois, c’est un peu différent. La Bonne Dame de Nohant a troqué la compagnie de Pietro Pagello pour celle de ses enfants, du philosophe Adolphe Pictet, et de ses amis Franz Liszt et Marie d’Agoult. C’est une belle troupe de joyeux lurons qui débarquent à Chamonix !
Ils enchaînent cigares et punch, rires et discussions à tue-tête. Dans les ruelles du village montagnard, leurs noms sont sur toutes les lèvres.
Et celle qui se fait le plus remarquer, c’est George Sand. Non pas parce qu’elle cherche à provoquer, mais parce qu’elle incarne quelque chose d’hors du commun pour l’époque : une femme libre. Elle mène des débats politiques, fume, boit, jette la robe et le corset pour se vêtir de vêtements masculins. Elle agit comme bon lui semble.


L’info en plus :
Alors que l’alpinisme féminin n’est pas reconnu, George Sand devient l’une des premières adhérentes du Club Alpin Français après sa création en 1874.
Si la native de Paris fait une escapade remarquĂ©e Ă Chamonix, elle cherche surtout refuge dans la montagne. Mais ce ne sont pas les sommets qui lui permettent de s’évader. Ce qu’elle aime, c’est le vivant.

Quand ses compagnons s’émerveillent devant les paysages grandioses de la vallée de Chamonix, c’est une petite fleur, une campanule, qui trouve grâce aux yeux de l’écrivaine. « J’aime mieux cette campanule que toute votre Mer de Glace ».
Véritable amoureuse du vivant, George Sand trouvait son romantisme là où certains ne posent même pas les yeux. Plutôt que les paysages exceptionnels, elle préférait se nourrir du quotidien d’un habitant, de la respiration d’un sapin, des couleurs d’une fleur.
Et cet amour ne s’arrête pas aux sentiers de Chamonix, il traverse toute son œuvre. Des Lettres d’un voyageur où nous retrouvons des mots sur son aventure dans les Alpes, à La Mare aux Diables, l’une de ses œuvres phares, George Sand place l’humain et la nature au cœur de sa plume.
Si le Mont Blanc est le défi ultime de Chamonix, George Sand, elle, aura accompli son Everest : conquérir sa liberté. Près de deux siècles plus tard, tout n’est pas encore gagné, mais les glaciers ont reculé, et les droits des femmes ont avancé. Les pentes des montagnes accueillent chaque année des milliers d’alpinistes féminines, les autrices n’ont plus besoin de chercher des pseudonymes masculins pour publier, et les vêtements qu’elles portaient autrefois pour scandaliser sont désormais ceux du quotidien.
Et si vous souhaitez marcher sur les pas de George Sand, empruntez l’A40, puis la RN205 jusqu’à Chamonix ! Avant votre sortie, n’oubliez pas de consulter l’info trafic.
Textes par Adrien Lesage
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