Cette série est en collaboration avec Alpes Magazine.
La randonnée du tour des Fiz : Article publié dans le Hors Série Alpes Magazine en 2026- Textes et photos : © Marie Paturel.
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Informations pratiques sur la randonnée du tour des Fiz :
Accès : depuis le parking de Plaine Joux, descendre la route jusqu’à Guébriant puis, en face du centre de vacances, emprunter le chemin et suivre la direction des chalets de Platé.
CARTE IGN N °3530 ET « SAMOËNS »
Jour 1 :
Montée au refuge de Platé
Niveau moyen. Passage d’une zone raide en roche délitée, mais peu exposée, et d’une petite passerelle métallique légèrement aérienne.
3 h 30
6 km, 820 m D+.
Jour 2 :
De Platé à Anterne
Niveau facile, aucune technicité particulière.
5 h
13 km, 700 m D+.
Jour 3 :
D’Anterne au refuge de Moëde Anterne
Niveau facile, aucune technicité particulière.
Durée : 5 h 30
6 km, 820 m D+.
Jour 4 :
Chalets de Pormenaz et retour à Plaine Joux
Niveau facile, aucune technicité particulière.
4 h 30
6 km, 820 m D+.

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Avant chaque randonnée, pensez à bien vous équiper et à vous préparer avec les conseils de Mathilde et Victor.
Les Fiz possèdent un réseau dense de refuges qui permet de décliner l’itinérance à l’envi : sur deux, trois ou quatre jours et 30 à 64 kilomètres, le tour des Fiz peut être tranquille ou sportif, mais il est toujours d’un esthétisme rare. Du désert de Platé à la muraille d’Anterne, de la pointe Noire de Pormenaz au lac Vert, le massif du Faucigny – auquel appartiennent les Fiz – dévoile une succession de paysages majestueux et d’ambiances très variées. L’idéal pour une itinérance surprenante qui donne le sentiment de partir loin !

Le désert de Platé s’étire sur 1 980 hectares de lapiaz façonnés par les glaciers et les eaux de fonte, ce qui en fait l’un des plus grands lapiaz d’Europe.
Le parcours démarre à Plaine Joux, station de sports d’hiver et aire de vol libre, qui est l’un des sites touristiques les plus fréquentés du pays du Mont-Blanc. Ce succès est largement lié à la vue spectaculaire sur le toit de l’Europe. Ajoutez à cela des refuges en nombre, et vous comprendrez pourquoi le tour des Fiz est une randonnée très fréquentée. Mieux vaut anticiper ses réservations pour espérer dormir au chaud ! On s’échappe rapidement de Plaine Joux pour emprunter un chemin qui sinue d’abord dans la forêt, puis à découvert dans une belle ambiance de prairies et de falaises. Si l’ascension est parfois rude, elle récompense les efforts avec un panorama imprenable sur le massif du Mont-Blanc. Soudain, la sente s’immisce dans un goulet caillouteux avant de sortir sur une petite passerelle métallique, d’où la vue sur la vallée de l’Arve est impressionnante.

Il faut grimper encore un peu pour rallier le refuge de Platé, petit groupe de cabanes qui se dressent comme une oasis au milieu de l’immensité minérale du désert du même nom. Classé en 1998 pour son intérêt paysager et géologique, ce dernier s’étire sur 1 980 hectares de lapiaz façonnés par les glaciers et les eaux de fonte, ce qui en fait l’un des plus grands lapiaz d’Europe. Loin d’être dénués de vie, les lieux doivent leur nom à leur caractère peu accessible et rocailleux : Platé est longtemps resté exclusivement atteignable à pied. Aujourd’hui, depuis Flaine, le téléphérique des Grandes Platières est un moyen plus rapide d’y monter. Poser son sac à dos au refuge est une bonne option pour partir explorer cette immensité karstique et se laisser porter par l’atmosphère très particulière des lieux.
Le lendemain, on quitte le décor minéral de Platé pour rejoindre le col de la Portette eton éperon rocheux, où l’on parvient après une ascension très raide. On découvre alors une autre carte postale : l’aiguille Verte se découpe dans le ciel et le célèbre passage du Dérochoir se dessine au premier plan, impressionnant glissement de terrain où un sentier équipé de cordes et d’échelles permet de se faufiler.
Une agréable descente au cœur des alpages mène jusqu’au refuge de Sales, près duquel se niche une petite chapelle du XVIIe siècle, quasiment incrustée dans le rocher. On plonge ensuite dans les gorges de Sales, jalonnées de cascades et baignées du fracas du torrent. Au pied de la monumentale paroi de la pointe de Sales, l’itinéraire monte à l’assaut du collet d’Anterne. On traverse un plateau où sinue un ruisseau avant d’arriver au refuge d’Anterne, également appelé refuge Alfred Wills. Wills (1828-1912) était un citoyen britannique, magistrat à la cour d’Angleterre, qui s’est fait construire un chalet d’agrément sur l’alpage des Fonds en 1850. Pendant plusieurs années, il assouvit ici sa passion de la montagne, ouvre de nombreux passages et conquiert plusieurs sommets. Le refuge a gardé, en guise d’hommage, le nom de son fondateur qui avait une sensibilité certaine à la beauté, tant la situation du bâtiment est exceptionnelle, face à une muraille géante et au cœur d’un superbe alpage d’altitude.

Alfred Wills, citoyen britannique, s’est fait construire un chalet d’agrément sur l’alpage des Fonds en 1850. Il a ouvert de nombreux passages.

Le troisième jour de l’itinérance est placé sous le signe des lacs. D’abord, le lac d’Anterne, posé à 2 063 mètres d’altitude au fond d’un cirque barré de falaises hautes de plusieurs centaines de mètres. Ses eaux, cristallines jusqu’à trois mètres de profondeur, accueillent des truites et des ombles chevaliers et reflètent les sommets comme un miroir. Il est agréable de s’asseoir sur ses rives, le temps d’une pause contemplative. Le calme qui émane des lieux de bon matin invite à s’attarder… Mais pour l’heure, on prend la direction de la pointe Noire de Pormenaz. On longe alors le lac du Laouchet, puis celui de Pormenaz, ponctué d’un charmant îlot couvert de végétation.
Il faut monter encore pour rallier la pointe Noire, véritable balcon sur le mont Blanc. Ici aussi, une halte s’impose pour profiter de la vue incroyable sur les cimes. La descente s’effectue par le même itinéraire pour rejoindre le refuge de Moëde Anterne, établissement où l’on s’arrête plus par contrainte que par choix. On regrette les prestations très rustiques, l’accueil rugueux et les repas un peu trop frugaux. Les marcheurs les plus entraînés peuvent oublier cet arrêt et continuer la randonnée pour rejoindre Plaine Joux, bouclant ainsi ce tour des Fiz en trois jours au lieu de quatre. Depuis le refuge, il ne reste que huit kilomètres.
On longe alors le lac du Laouchet, puis celui de Pormenaz. À la pointe Noire, une halte s’impose pour profiter de la vue incroyable sur les cimes.
Pour les marcheurs qui préfèrent étirer le trek sur quatre jours, la dernière journée conduit aux chalets de Pormenaz. La rallonge est d’autant plus faisable qu’elle s’effectue intégralement en descente, en empruntant le début de l’itinéraire pour la pointe Noire. Une traversée très plaisante mène au hameau, qui servait dès le Moyen Âge comme camp de base pour les bergers conduisant leurs bêtes sur l’alpage. Les fromages de garde (tommes, séracs…) étaient fabriqués sur place. Rares sont les cabanes encore utilisées aujourd’hui par les bergers et éleveurs, mais ce petit village est aujourd’hui très apprécié des randonneurs et des parapentistes, qui décollent depuis les pentes en surplomb de Servoz.
Il faut revenir sur ses pas pour rejoindre l’itinéraire de descente qui conduira à Plaine Joux. On évite autant que possible la piste carrossable en suivant un sentier de cairns. L’itinéraire, parfois raide et glissant par temps humide, mène jusqu’au hameau pittoresque des Ayères, lui aussi groupement d’anciennes cabanes d’alpages. On se dirige ensuite vers le lac Vert que l’on découvre en empruntant le sentier qui le surplombe. Site naturel classé depuis 1909, il doit sa couleur presque irréelle à la présence de cyanobactéries. Ses origines seraient liées à l’écroulement du Dérochoir, survenu en 1471. La légende dit que, jadis, certains soirs de pleine lune, un chamois blanc apparaissait ici. Après la mort de l’animal, la Bonne dame de la montagne aurait versé une larme verte, comme l’émeraude qui dort dans la profondeur des glaciers.
Celle-ci aurait intégralement recouvert le chamois et donné sa couleur au lac. En hiver, à la surface gelée du plan d’eau, la forme de l’animal peut encore être aperçue et une plainte à peine audible s’élève… Très fréquenté, car situé à quelques centaines de mètres de Plaine Joux, le lac Vert est un joyau particulièrement photogénique. On se plaît à y rester un peu plus de temps, assis sur la berge, pour se laisser gagner par la quiétude et imaginer, peut-être, le chamois blanc gambader quelque part. Instants suspendus avant de rallier Plaine Joux où l’on prend le temps de siroter un verre avec, en toile de fond spectaculaire, le mont Blanc.

Avant de partir, assurez-vous d’être bien équipé, de vérifier et connaître l’itinéraire et de consulter la météo : la montagne est un milieu exigeant et imprévisible. ATMB et son partenaire Alpes Magazine déclinent toute responsabilité en cas d’accident ou incident survenu lors de cette randonnée.
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Textes © Marie Paturel.
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