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Idées rando

Randonnée du Glacier de Tré la Tête

⛰️ Alpes Magazine nous emmène faire la randonnée du Glacier de Tré la Tête. Une montée au refuge des Conscrits aérienne et panoramique qui montre aussi le recul inexorable d’un grand glacier…

La randonnée du Glacier de Tré la Tête est-elle faite pour vous ?

Informations pratiques sur la randonnée du Glacier de Tré la Tête :

pictogramme randonneurNiveau difficile

pictogramme chronomètre6 heures (2 h 30 jusqu’au refuge de Tré la Tête, puis 3 h 30 jusqu’aux Conscrits).

pictogramme montagneAltitude Max 2 614 m

pictogramme déniveléDénivelé : + 1 670 m

pictogramme localisationIGN Top25 3531ET (Saint-Gervais-les-Bains/massif du Mont-Blanc)

Accès : à la sortie des Contamines, tourner à gauche pour se garer au parking du Cugnon.

Cette série est en collaboration avec Alpes Magazine.

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L’itinéraire de la randonnée du Glacier de Tré la Tête :

Tracée de la randonnée du Glacier de Tré la Tête ©ClaudeDubut

Avant chaque randonnée, pensez à bien vous équiper et à vous préparer avec les conseils de Mathilde et Victor.

Que découvrir lors de cette randonnée ?

Passé Les Contamines-Montjoie, le thermomètre ne veut toujours pas redescendre en cette fin juin 2020. Plus de 20 °C tôt ce matin sur le parking du Cugnon (1 160 m) avant d’emprunter le sentier bien tracé qui s’élève rapidement dans la forêt du Cugnon en direction du refuge de Tré la Tête (1 970 m).

En arrière-plan, l’aiguille nord-ouest de Tré la Tête (3 846 m).
Refuge des Conscrits ©ChristianMartelet
En arrière-plan, l’aiguille nord-ouest de Tré la Tête (3 846 m).

Il nous faudra deux heures pour l’atteindre sans effort. Marielle Tuaz, la gardienne de la solide bâtisse datant de 1907 – en remplacement d’un pavillon qui datait de 1895 –, aime évoquer les riches heures de l’ancien hôtel d’altitude, dont le salon tout en bois a conservé l’atmosphère chaleureuse qu’on apprécie avant de s’aventurer en haute montagne. La suite s’adresse aux randonneurs qui ont le pied sûr et qui ne se laissent pas impressionner par les pentes herbeuses raides, glissantes après la pluie, et les passages délicats où il faut mettre les mains.

L’info en plus : Le refuge des Conscrits a été reconstruit en 1997, en remplacement d’un précédent refuge qui datait de 1968.

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Un pont himalayen

Rien de dangereux dans cet itinéraire qui a remplacé l’ancien accès au refuge des Conscrits (qui datait de 1968), devenu trop exposé à cause de la fonte du glacier. Il s’accroche à la roche en rive droite (à gauche en montant), impose quelques tractions des bras sur les cordes fixes. On ne perd pas des yeux les cairns et le balisage (points bleus), surtout dans quelques passages un peu plus chaotiques où on risque de perdre la trace, notamment dans les éboulis. Cette randonnée est à proscrire par temps humide.

Mais par bonnes conditions, elle offre les sensations d’une course en haute montagne, quand le fracas des pierres résonne dans la moraine en contrebas. Le plus beau pied de nez au vertige est la fameuse passerelle népalaise qui enjambe le vide et tangue au rythme des pas. Aucun danger, mais spectaculaire ! Courage, il reste moins d’une heure avant d’arriver à bon port. L’expression s’impose, tant le refuge des Conscrits, solidement amarré à 2 614 mètres d’altitude, tient du paquebot des cimes avec sa proue faisant face aux glaciers, sa terrasse tel le pont du bateau et ses photos de haute mer décorant la grande salle lumineuse.

La passerelle himalayenne installée en 2012 ©ChristianMartelet

Ouvert en 1997, il marque la nouvelle génération des refuges du Club alpin français par son architecture contemporaine et son souci d’apporter du confort et de l’espace. « La haute montagne a souvent une image inaccessible. C’est notre chance de pouvoir la mettre à la portée de bons marcheurs », confie Christine Mattel, la gardienne « capitaine » de ce vaisseau dont elle tient la barre depuis quatorze saisons. « D’ici, on ne voit plus la vallée, ce qui provoque une immersion totale. À table, je veille à mêler alpinistes et randonneurs. Les uns pour qu’ils retrouvent le goût de s’émerveiller face à un paysage grandiose, les autres pour qu’ils sentent l’ambiance de préparation d’une course. » Les Dômes de Miage, l’aiguille de la Bérangère, le mont Tondu ; autant de sommets que je vais gravir par procuration à l’heure du dîner. La veille de notre passage, le glaciologue Luc Moreau était venu ausculter ce glacier objet de toutes les attentions.

3 à 12 millions de m3 d’eau perdus par an

Randonnée au glacier de Tré la Tête ©ChristianMartelet

Longueur, masse, vitesse d’écoulement… autant de paramètres qui permettent de dresser un constat sans appel. Situé dans la réserve des Contamines, la plus haute de France, le glacier de Tré la Tête, le quatrième plus grand de France, a reculé de 2 km depuis 1864. Et il perd entre 3 et 12 millions de m3 d’eau par an ! Le lendemain, la descente se fait par le même itinéraire, en redoublant de prudence en suivant les marques rose orangé. En s’accordant de temps à autre une pause pour contempler, très loin en contrebas, cette masse qui ne cesse de reculer.

L’info en plus : Depuis 1943, le glacier de Tré la Tête n’a cessé de reculer et de s’enfoncer dans sa gorge. Depuis les années 2000, la fonte s’est accélérée : entre 2014 et 2017, les mesures annuelles indiquent qu’il a perdu l’équivalent d’une lame d’eau de 5 mètres sur l’ensemble de sa surface (6 km2).

Texte ©Jacques Leleu

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